« Je ne me sens chez moi que lorsque je suis au quartier. Un peu comme ce chien qui a toujours été en cage. Un jour, on lui ouvre la grille. Mais il ne connaît pas la vie en dehors de sa prison. Alors, après quelques pas à l’extérieur, envahi par la peur, il y retourne, puis referme la porte avec sa patte. Moi, je rêve de la quitter, ma cage. Mais personne ne me l’ouvre. L’extérieur ne me désire pas. L’extérieur est hostile avec moi, le pauvre du quartier. L’extérieur raconte que j’ai la rage, pour justifier la violence qu’il exerce sur moi. Et plus je subis, plus j’ai mal. Plus j’ai mal, plus je crie. Mais plus je crie, plus je donne raison au scénario de l’extérieur qui veut faire de moi un clebs enragé. »
Grand, pauvre, noir, donc menaçant, le jeune Sikou se débat entre deux courants contraires : correspondre au stigmate ou s’en affranchir. Plus tard, devenu transfuge de classe, il comprend combien la masculinité noire l’assigne encore à un espace bien particulier, jusque dans l’intime.
Un récit initiatique bouleversant qui raconte la difficulté de se constituer une identité propre lorsqu’on est sans cesse renvoyé au regard que le monde pose sur soi.
Grand, pauvre, noir, donc menaçant, le jeune Sikou se débat entre deux courants contraires : correspondre au stigmate ou s’en affranchir. Plus tard, devenu transfuge de classe, il comprend combien la masculinité noire l’assigne encore à un espace bien particulier, jusque dans l’intime.
Un récit initiatique bouleversant qui raconte la difficulté de se constituer une identité propre lorsqu’on est sans cesse renvoyé au regard que le monde pose sur soi.